Quel est ton plus grand effroi ?

Si dans votre vie, vous jouez la carte de la sĂ©curitĂ©, c’est comme si vous aviez dĂ©cidĂ© de ne plus grandir.

Shirley HUFSTEDLER

Affronter une phobie est tel un combat dans un jeu vidĂ©o c’est irrĂ©el mais fait palpiter le cƓur.

La peur est mauvaise conseillĂšre nous dit-on. Au contraire, je pense que la peur est plutĂŽt une boussole. Elle nous permet d’avancer, et nous indique la direction.

Selon George Lucas, « la peur est le chemin vers le cĂŽtĂ© obscur : la peur mĂšne Ă  la colĂšre, la colĂšre mĂšne Ă  la haine, la haine mĂšne Ă  la souffrance ». Je pense que la peur est plutĂŽt le chemin vers la lumiĂšre, Ă  condition de l’Ă©couter, de l’Ă©tudier et de la laisser se dissiper. Ensuite, l’affronter et la faire voler en Ă©clat et regarder les poussiĂšres d’Ă©toiles tourbillonner autour de soi tel un halo et se disperser et enfin illuminer son chemin.

As-tu déjà affronter ta peur la plus grande ?

J’ai Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  ma peur sans prĂ©paration, quand on connait ma peur, on comprend aisĂ©ment que le lieu et l’objet de la peur n’avaient rien en commun. C’était lors d’un sĂ©minaire, Ă  la suite d’un exercice de relaxation oĂč il a fallu fermer les yeux aprĂšs nous avoir annoncĂ© que nous allions nous affranchir de nos peurs. TrĂšs excitĂ©e et pensant que l’orateur allait utiliser la mĂ©thode Bandler, qui consiste Ă  visualiser positivement et dĂ©dramatiser afin de rendre acceptable ou accessible l’objet de notre phobie. Quel ne fut pas ma surprise lorsque j’ai ouvert les yeux et vu un python albinos…

Une sensation de peur, d’anxiĂ©tĂ© et de dĂ©couragement mĂ©langĂ©s m’ont envahit, puis ce fut un soulagement, je me suis rĂ©jouis de ne pas ĂȘtre montĂ©e sur scĂšne, des volontaires avaient Ă©tĂ© sollicitĂ©s pour vivre l’aventure. Heureusement que je suis restĂ© dans ma peur, me suis-je rĂ©confortĂ©e.

L’intervenant fit le tour de la salle des yeux, j’Ă©tais au deuxiĂšme rang et ma voisine me dĂ©signait ostensiblement du doigt, j’ai donc eu droit Ă  un « vous madame ! »

J’ai refusĂ© Ă©nergiquement et ai prĂ©fĂ©rĂ© rester sur ma peur.

Cela n’a pas de sens, pensais-je, j’Ă©tais lĂ  pour me dĂ©passer dans tous les domaines de ma vie. Mais Ă  ce point en Ă©tais-je capable ? TiraillĂ©e entre l’envie de me dĂ©barrasser d’un effroi et clouĂ©e par ma peur numĂ©ro 1. Je bouillonnais de colĂšre contre moi-mĂȘme, dĂ©contenancĂ©e par mon manque de courage et immobilisĂ©e par cette peur irrationnelle.

Finalement, ma voisine s’Ă©tait arrangĂ©e pour que je tombe nez Ă  nez avec notre ami albinos. 🐍

Je me suis dĂ©battue, j’ai tentĂ© d’esquiver, j’ai failli pleurer pour que l’on me prenne en pitiĂ©, et voyant la foule s’intensifier autour de nous j’ai acceptĂ©.

Je l’ai pris sur mes Ă©paules, je l’imaginais froid au contact. Au contraire, il avait le toucher d’un voluptueux sac Ă  main et Ă©tait moite. Il Ă©tait doux et sa tempĂ©rature fraĂźche Ă©tait presque agrĂ©able Ă  toucher. Probablement avait-il la mĂȘme peur que moi, mais il semblait calme, je l’ai regardĂ© de prĂšs, je n’Ă©tais pas en danger, je l’ai caressĂ© et je l’ai mĂȘme embrassĂ© (sous la contrainte).

Et l’essentiel Ă©tait que je l’avais fait. Je me suis sentie tellement fiĂšre. J’avais le sentiment d’ĂȘtre forte et puissante Ă  la fois, la sensation que je pouvais abattre des murs, casser des briques Ă  mains nues. Cette sensation que dĂ©sormais tout m’Ă©tait possible, que tout m’Ă©tait accessible.

 Â«Â Le courage d’un homme ressemble bien plus Ă  sa propre peur qu’au courage du voisin. » 

Alain (Philosophe)

Qu’est-ce qui a bien pu se passer ?

Comment toutes ces possibilités ont-elles pu se débloquer ?

Je me suis rendu compte qu’il s’agissait juste de pensĂ©es limitantes. Et le plafond de verre venait de voler en Ă©clat. Je venais de faire l’expĂ©rience que les entraves que je pensais avoir sont en rĂ©alitĂ© imaginaires et que je les avaient mises en place et entretenues moi-mĂȘme toutes ces annĂ©es.

Bien sĂ»r que je ne vais pas aller en forĂȘt jouer avec les vipĂšres, je n’en suis pas encore lĂ . Mais je peux les voir en photos, mĂȘme en vidĂ©o et qui sait mĂȘme peut-ĂȘtre en voir une passer prĂšs de moi sans risquer une mort subite ou du moins Ă©viter la panique.

Et aussi pouvoir entreprendre certains chantiers abandonnés par peur ou manque de courage.

Cependant, si l’on ne saisi pas cette vague de courage pour entreprendre, se dĂ©passer, rĂ©aliser ces projets que seules le courage ou la folie peut porter, la vague retombe tel un soufflet. Les certitudes s’effondrent et la sensation de dĂ©gringoler d’une montagne se fait sentir. Ce qui est sĂ»r c’est qu’un palier est tout de mĂȘme franchi, il est peu probable de retomber aussi bas si ancrage il y a eu.

Alors, ancrons toute victoire, mĂȘme les plus minimes, afin d’en faire les marches de notre gloire future.

Un texte inspirant

Je vais conclure avec ce beau texte de Marianne Williamson (extrait de son livre « Le retour Ă  l’amour » 1992) , lu par Nelson Mandela lors de son investiture Ă  la PrĂ©sidence de la RĂ©publique de l’Afrique du Sud en 1994 :

“Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite.

C’est notre propre lumiĂšre et non pas notre obscuritĂ© qui nous effraie le plus. Nous nous posons la question : « qui suis-je, moi, pour ĂȘtre brillant, radieux, talentueux, merveilleux ? » En fait, qui ĂȘtes-vous pour ne pas l’ĂȘtre ?

Vous ĂȘtes un enfant de Dieu. Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde. L’illumination n’est pas de vous rĂ©trĂ©cir pour Ă©viter d’insĂ©curiser les autres. Nous sommes nĂ©s pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous.

Elle ne se trouve pas seulement chez quelques Ă©lus : elle est en chacun de nous et au fur et Ă  mesure que nous laissons briller notre propre lumiĂšre, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de mĂȘme. En nous libĂ©rant de notre propre peur, notre prĂ©sence libĂšre automatiquement les autres.”

Et toi ? Comment jugules-tu tes peurs les plus inavouables ?

Est-ce ta part d’ombre ou de lumiĂšre qui t’effraie le plus ?

Bonne lecture,

Mahany


Mahany

Je suis passionnĂ©e de lecture, je rĂȘve d'Ă©crire de façon assidue. Je m'intĂ©resse aux voyages et Ă  la nature. J'aime aussi le cinĂ©ma et les sorties culturelles. Je suis Ă  la recherche constante d'amĂ©lioration de ma personne, de savoirs, et j'aime partager mes bons plans. Au plaisir de vous lire. Mahany

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